Un motif traditionnel, une mise en œuvre contemporaine
Le Centre Éducatif Féminin de Hay Hassani présente une façade entièrement recouverte d'une résille blanche à motif géométrique, directement héritée du vocabulaire du zellige et du moucharabieh marocain. Ce qui frappe, c'est le contraste entre la référence traditionnelle du dessin et la technique employée pour le produire : des panneaux d'aluminium composite découpés par commande numérique, assemblés sur une ossature métallique en avant du bâtiment.
Le voile n'est pas plaqué contre le mur : il est décollé de la façade, ce qui crée une lame d'air ventilée et permet au motif de projeter ses ombres sur la paroi, de manière différente à chaque heure de la journée.
Pourquoi le composite plutôt que la tôle pleine
Sur un motif aussi ajouré, la tenue du panneau est le vrai sujet. Une tôle aluminium simple de 2 mm découpée à ce taux d'évidement se déforme et gondole sous l'effet du soleil. Le panneau composite, constitué de deux peaux d'aluminium liées à une âme centrale, conserve sa planéité même fortement ajouré : c'est cette rigidité qui permet les grands formats visibles ici, sans ondulation ni ligne de flambement.
Il autorise aussi des bords pliés en périphérie de chaque panneau, ce qui rigidifie encore l'ensemble et permet une fixation invisible sur l'ossature — aucune vis n'apparaît en façade.
Le kiosque de jardin : la même écriture, une autre échelle
Dans le jardin, un kiosque ouvert reprend le vocabulaire du bâtiment principal. Sa structure est intégralement habillée de composite en finition bois — un décor imprimé sur aluminium, qui offre l'aspect du bois sans son entretien. C'est un choix pertinent dans un établissement collectif exposé au soleil et à l'usage intensif : pas de lasure à reprendre tous les deux ans, pas de grisaillement, pas de risque d'attaque par les insectes xylophages.
Le fond du kiosque est fermé par deux panneaux moucharabieh, l'un à motif étoilé, l'autre à motif entrelacé. Ils filtrent la vue vers le voisinage tout en laissant circuler l'air — un traitement de l'intimité qui répond directement à la vocation du centre.
Un enseignement sur la valeur d'usage
Ce projet montre qu'un habillage aluminium peut porter à lui seul l'identité d'un bâtiment dont le gros œuvre reste très simple. Le volume de béton est ordinaire ; c'est la peau qui fait l'architecture. Pour un maître d'ouvrage, c'est aussi un arbitrage économique intéressant : le surcoût de la résille reste très inférieur à celui d'un traitement de façade en pierre ou en béton architectonique, pour un impact visuel supérieur.
Oscar Aluminium accompagne les menuisiers et façadiers sur ce type de projet, depuis le calepinage du motif jusqu'au choix de la classe de réaction au feu adaptée à l'établissement.












